Une collection qui en dit long : Kika par Jacques Hurtubise

Beaverbrook Art Gallery21 Septembre, 20160 Commentaires

Une collection qui en dit long : Kika par Jacques Hurtubise

Une collection qui en dit long est une nouvelle série occasionnelle de courtes réflexions sur des œuvres de la collection permanente de la Galerie d’art Beaverbrook. Nous souhaitons partager certains des trésors qui sont dans l’édifice (et en montre) avec nos invités et notre collectivité, et vous faire part de ce qui, selon nous, les rend si intéressants. Nous espérons que vous serez du même avis. Notre première sélection est Kika, par Jacques Hurtubise, en montre jusqu’au 16 octobre dans l’exposition Le modernisme du milieu du 20e siècle.

---

Kika (1967) est une œuvre de Jacques Hurtubise (Canadien, 1939-2014) récemment ajoutée à la collection permanente de la Galerie d’art Beaverbrook. Jacques Hurtubise est né à Montréal en 1939. À 17 ans, il commence des études à l’École des beaux-arts de Montréal. Hurtubise reçoit une bourse pour étudier à New York pour une bonne partie des années 1960. C’est là qu’il se rapproche des expressionnistes abstraits, surtout de Franz Kline. Hurtubise a été une figure de proue des courants post-automatistes au Québec avec ses contemporains, Yves Gaucher, Guido Molinari, Claude Tousignant et Fernand Leduc, entre autres. L’artiste fait irruption sur la scène artistique à 21 ans avec une exposition solo au Musée des beaux-arts de Montréal. Il est plus tard inclus dans des biennales de peinture canadienne du Musée des beaux-arts du Canada et il représente le Canada dans deux biennales consécutives au Brésil, les 8e et 9e Biennales de Sao Paulo en 1965, puis en 1967, l’année où il crée Kika.

« Kika est un exemple des œuvres qui ont fait la grande renommée de l’artiste. Son œuvre unit le flair expressif "painterly" avec les stratégies "hard edge" de l’abstraction, les motifs et la géométrie en série. », remarque Jeffrey Spalding, conservateur principal. « Dans ce cas-ci, Hurtubise adopte le format carré auquel on le reconnaît, et le divise en sections identiques. Évitant les motifs géométriques classiques, il crée un gribouillis personnel qu’il fait évoluer, une marque tant fantaisiste que chargée d’énergie, ajoute Spalding. » Cette toile a aussi été exposée dans l’importante exposition itinérante internationale Canada, art d’aujourd’hui au Musée national d’art moderne de Paris en 1968, organisée par le Musée des beaux-arts du Canada (plus tard exposée à la Galleria Nazionale D’Arte Moderna à Rome la même année).

« J’aime Jacques Hurtubise car il est l’un des plus intéressants artistes québécois des années 1960, affirme René Després, qui a donné Kika à la Galerie d’art Beaverbrook en 2015.
Je savais qu’elle constituerait une addition remarquable à la collection de la [Galerie d’art Beaverbrook] car il s’agit d’une œuvre phare dans la peinture contemporaine canadienne des années 1960. », ajoute M. Després selon qui « l’œuvre Kika est le reflet de cette recherche influencée par l’art optique, déjà présent en Europe et sur la côte est américaine, et il en fera un style plus personnel influencé par le pop [art] et la bande dessinée qui avait marqué son enfance. Kika est une merveilleuse illustration de cette période charnière dans sa carrière. Je suis fier de voir Jacques Hurtubise enfin représenté dans votre prestigieuse institution par une œuvre aussi forte et emblématique. Et d’autres suivront, j’en suis certain! »

Galerie de photos

Commentaires
Laisser un commentaire