Le guide du voyageur de Galerie : Episode no.3

Beaverbrook Art Gallery13 Décembre, 20170 Commentaires

Le guide du voyageur de Galerie : Episode no.3

 

Comme vous le savez probablement déjà, nous cherchons toujours de nouvelles façons de réunir les gens et l’art ici, à la Galerie d’art Beaverbrook. Jusqu’ici, nous avons présenté dans cette série deux différentes stratégies pour regarder des œuvres d’art dans une galerie. Il n’y a évidemment pas de bonne ou de mauvaise façon d’apprécier l’art en montre, mais par cette série, nous espérons que chacun pourra découvrir une approche nouvelle qui leur permettra d’encore mieux profiter de leur visite. Dans la troisième partie de cette série, nous vous ferons part d’un autre truc et d’une nouvelle façon d’admirer des œuvres d’art.

Stratégie no 0 : Ne paniquez pas! Les galeries d’art et les musées sont des endroits conçus pour vous divertir. Il n’y a pas qu’une seule façon de vivre une expérience artistique; commencez par vous promener dans les lieux pour voir ce qui attire votre regard!

Stratégie no 1 : l’étude des techniques. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Stratégie no 2 : l’influence et l’inspiration. Pour en savoir plus, cliquez ici.

Stratégie no 3 : l’immersion dans l’imagerie

Presque toutes les œuvres d’art ont une histoire à raconter. Lorsque vous êtes devant une toile, il est toujours facile de vous demander ce qui se passe dans l’œuvre. Pourtant, cela pourrait ne vous indiquer que ce qui se trouve en surface. Pour comprendre entièrement l’époque à laquelle l’œuvre a été créée et certains des choix qu’a faits l’artiste, il peut être utile de réfléchir davantage au contexte.

L’immersion dans l’imagerie est un truc qui vous permet de réellement jouir d’une toile; après vous être demandé ce qui se passe, posez-vous les questions suivantes : qui sont les gens dans la toile? Quel lien les unit? Quelle est l’ambiance de la toile? Comme le formule Christina Thomson, coordinatrice des programmes de la Galerie, « Comment s’investit-on dans une histoire pour se sentir présent dans un environnement artificiel? L’art visuel invite depuis longtemps les regardants à outrepasser le cadre et à vivre la représentation en tant que réalité. »

Une œuvre, La chasse au dé à coudre (1909) de Henry Tonks, qui fait partie de nos Chefs-d’œuvre, offre l’occasion de pratiquer l’immersion dans l’imagerie. Henry Tonks (1862-1937), Britannique, était dessinateur, caricaturiste doué et professeur d’art influent à l’école d’art Slade de Londres. La chasse au dé à coudre s’inscrit dans une série de peintures que l’artiste appelait son « style de la pouponnière » et qui aurait pu être basée sur ses souvenirs d’enfance d’un jeu festif.

La chasse au dé à coudre (ou Cachez le dé à coudre) est un jeu festif où tous les invités sauf un quittent la salle. La personne qui reste cache un dé à coudre ou un autre petit objet dans la pièce. Lorsque les autres reviennent, ils doivent trouver l’objet caché. Dans une variation du jeu, on fait l’inverse : une seule personne quitte la pièce et tous les autres cachent l’objet. Dans cette œuvre, on voit une enfant qui se couvre les yeux — plutôt que de quitter la pièce peut-être — tandis que les trois autres cachent le dé à coudre (dans la boîte à droite).

Maintenant que nous voyons ce qui se passe en surface, nous pouvons utiliser l’immersion dans l’imagerie pour chercher plus en profondeur. En regardant l’agencement de couleurs de la toile, on peut voir une teinte orangée sur toute la pièce. Maintenant, imaginez que vous êtes dans la pièce. Étant donné l’époque dans laquelle la toile a été peinte, il est probable que c’est un foyer qui donne ses teintes chaudes à la pièce. Vous êtes dans la pièce : sentez-vous la chaleur? Est-ce plus difficile de voir les détails dans cet éclairage faible? En vous imaginant dans l’œuvre, il vous est plus facile de la connaître plus en profondeur que pour un simple observateur.

Une autre façon de faire usage de l’immersion dans l’imagerie, au-delà de la simple compréhension de l’environnement, consiste à comprendre l’ambiance d’une œuvre. Prenons, par exemple, un autre de nos célèbres Chefs-d’œuvre, soit Une tempête qui passe de James Tissot (1836-1902). Le titre est une blague astucieuse de la part de Tissot : en arrière-plan, des nuages de tempête s’amoncellent alors qu’en avant-plan, de jeunes amoureux viennent visiblement de se quereller. L’artiste s’est servi de la lumière et du positionnement des éléments pour créer une ambiance très particulière. Imaginez comment vous vous sentiriez si vous étiez dans la pièce; qu’est-ce que l’artiste vous invite à vivre?

« La chasse au dé à coudre et Une tempête qui passe sont deux exemples de toiles qui représentent une scène narrative, affirme Thomson. Les artistes ont créé d’intrigantes histoires avec des personnages dans un décor très détaillé et ils suggèrent une ambiance grâce à la lumière et aux ombrages et au choix de couleurs. Les illusions picturales de profondeur et d’espace offrent une visite originale dans deux pièces : l’une à la lumière dansante d’un feu de foyer et l’autre plongée dans la morosité d’un port tempétueux. »

La prochaine fois que vous visiterez l’aile internationale de la Galerie d’art Beaverbrook, prenez le temps d’aller voir ces deux Chefs-d’œuvre et de vous perdre dans la scène. Comme l’ajoute Thomson, « Tonks et Tissot ont fait usage de dispositifs artistiques pour captiver le regardant et pour l’inviter dans la scène. C’est votre présence qui donne vie à la toile! »

Restez à l’affût pour le prochain épisode de ce blogue où nous parlerons des éléments de l’art abstrait.

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